• Johann E. Walz

Le Kastelberg et ses paysages

Mis à jour : mars 9

Hello cher Lecteur, chère Lectrice !

Aujourd'hui, je te propose de découvrir un autre endroit du massif des Vosges, dans le secteur du Hohneck. Pas loin en fait : juste le ballon voisin !

Bien sûr, pour les plus motivés il est tout à fait possible d’effectuer le trajet à pieds sur toute la ligne de crêtes dans la journée. Seulement, mon travail ici n’est pas de parcourir le plus de kilomètres en un temps donné ni de calculer les dénivelés, mais de prendre tout le temps d’apprécier les paysages et de flemmarder lors des prises de vue ! Rester plusieurs heures sur le même secteur n’est donc pas rare, et la plupart du temps ça en vaut la peine. C’est souvent nécessaire afin d’attraper le bon moment, saisir les instants qui justifieront la recherche, l’attente, et susciteront je l’espère, envie et émotion !

Cet article ne parlera pas de long trajet de randonnée, plutôt d’une courte mais superbe balade durant laquelle nous avons beaucoup observé les panoramas si changeants !

Sur place depuis le lever du jour avec un nouveau matériel photo à prendre en main, j’ai donc tout le temps de m’exercer sur la route des crêtes. Ici à gauche, la vue devrait donner sur la vallée des trois lacs mais la nature en a décidé autrement… et c’est tant mieux !


Dans l’article sur le Hohneck, je te conseillais de pousser un peu depuis ce dernier vers le Kastelberg afin de pouvoir mieux profiter de la vue sur la vallée du Wormspel et le lac de Schiessrothried en contrebas. Ici, on cherche plutôt l’accès simple et direct au sommet du Kastelberg. Nous empruntons encore la route des crêtes depuis Xonrupt-Longemer ou Plainfaing (ou depuis Colmar, par le col de la Schlucht) pour nous rendre sur le parking de la ferme-auberge Breitzhousen (on se gare ici: 48°01’33 ‘’N et 6°59’47’’E) qui se situe moins de 100 mètres plus bas que le sommet. Ne cherche pas à aller plus loin sur la D430 après la ferme-auberge: la route est fermée durant l'hiver, du moins dangereuse et impraticable.

La ferme-auberge Breitzhousen

Signalisation et infos sur le lac de La Lande

Depuis le parking de l'auberge, tu auras une vue imprenable surplombant le lac de La Lande (1060 mètres). Il s’agit d’un lac artificiel d’un peu plus de 10 Ha. Construit en 1983, il produit de l’électricité et permet d’alimenter en eau… les canons à neige de la station de La Bresse-Hohneck, toute proche!




Accompagné de Marion (aka Madame Voyage) ainsi que de sa fidèle Nova, nous entamons la grimpe vers le sommet aux abords des remontées mécaniques vides : cette saison n’aura pas été clémente pour les amoureux de la neige et les stations… Ceci dit, nous sommes presque seuls pour nos photos et il reste de la neige !




Le Kastelberg (1350 mètres) est le 4ème sommet du massif des Vosges et constitue le point culminant des pistes de ski alpin de la station de ski de La Bresse-Hohneck. Caché entre le Kastelberg et le versant sud de la crête des Spitzkoepfe, se trouve le lac de Fischboedle, d’à peine 1 Ha pour 4 mètres de profondeur ! Comme la traduction de son nom l’indique (Fisch : poisson et Boedle : bourbier) il s’agit à la base d’une réserve à poissons. La vallée dans laquelle il niche se nomme la Wormsawald. Il est accessible via le GR 531 depuis le Kastelberg (ou à l’opposé, depuis le lac de Schiessrothried, son voisin). Le mot « Kastel » signifie château, et « Berg » est traduit par colline ou montagne en Allemand. Le tout peut se traduire littéralement par « mont du château ».

Puisque les pistes sont vides et les télésièges à l'arrêt, nous coupons directement afin d'atteindre le sommet...

Alors que la jeune Nova cherche le jeu et les caresses, on se rend compte sur le plateau que la vue au sommet est dégagée jusqu'au Hohneck, sur le massif des Vosges ainsi que la plaine d'Alsace! Sans la superbe mer de nuages, tout y serait visible, et ce jusqu'aux Alpes!

On devine que ce sommet est l'un de ceux qui, selon météo et saison, offre à chaque visite une vision très différente des lieux. Alors que Nova cours en tout sens et réclame du jeu, on cherche les repères géographiques.


En face, plus au sud-ouest, se dressent les sommets du Rainkopf (1305 mètres), le Rothenbachkopf (1316 mètres) et caché par ce dernier mais partiellement visible d'ici, le Batteriekopf (1311 mètres). Cette ligne de crêtes forme ainsi l’ancienne frontière des régions Alsace / Vosges. Sur le versant sud du Kastelberg, la vue donne normalement sur la ligne de crête et les sommets précités. Si au matin les nuages bas se trouvaient dans les vallées du massif ou à peine au dessus, la masse de ouate s'est approché pour rencontrer les sommets. Alors en cette fin de journée et pour notre plus grand plaisir, nous avons droit à ceci…

Cette mer de nuages s’est constitué depuis l’aube et nous a offert de magnifiques panoramas tout au long de la journée ! Au soir, elle tente de passer la crête sans succès : seuls quelques filaments de brumes coulent doucement dans la vallée du lac d'Altenweiher. Celui-ci se trouve coincé entre le Kastelberg et le ballon du Rainkopf et nous est invisible ici.


On profite là-haut de ces instants de calme loin de toute agitation pour apprécier le moment et les paysages… Et tenter de discerner le sommet typique du Grand Ballon et les Alpes en arrière plan grâce à nos téléobjectifs !

Nous n'oublions pas de faire le tour du plateau, au moins en partie, afin de voir la plaine d'Alsace sous la brume, derrière les premiers contreforts du massif...

Une fois là-haut, inutile de trop t'approcher des bords. Prends garde aux corniches, névés, et autres plaques à vent. Elles peuvent se détacher. De même les crampons sont de rigueur, surtout lorsque la neige se tasse et gèle. Dévisser arrive vite, et les pentes sont abruptes!


Nous n’avons pas hâte de redescendre mais la nuit nous y pousse. Lors du retour, une couche supérieure de nuages se forme au dessus de la première, et nous nous enfonçons dans le brouillard humide.

Si on décide de poursuivre vers le sud en longeant la Route des Crêtes (D430), les sentiers nous font descendre le Kastelberg pour tomber sur deux refuges du Club Vosgien (lieu-dit Ferschmuss). Il faut ensuite repprendre la grimpe vers le sommet du Rainkopf (1305 mètres). Au pieds de celui-ci, il est possible de surprendre quelques châmois sur les rochers, et de distinguer le lac d'Altenweiher, surtout au petit matin! S'ensuivront ci-dessous les autres sommets des crêtes: le Rothenbachkopf (1316 mètres) et le Batteriekopf (1311 mètres).

Encore une fois, nous repartons avec un esprit plus léger, la tête (et nos boitiers photo) pleine de belles images, le cœur rempli de bonnes sensations.

Je te souhaite au moins tout ça et plus de bons sentiments encore, quand à la découverte de ces lieux ! Et n’oublie pas de me laisser ici ton impression !